« Черный блед! » (tchorni bled) ou Putain noir!, tout celui qui a été en Russie se reconnaîtra par cette insulte quotidienne des russes chez les noirs.

Au Congo, j’avais appris le mot « Racisme » sans pour autant l’expérimenter dans son vrai sens mais une fois arrivée en Russie, je me suis retrouvé en face d’hommes qui s’étonnent lorsqu’ils me voient, parce que je ne suis pas comme eux, c’est-à-dire : Noir. Comme Pie Tshibanda, je pensais bien avant mon arrivé en Russie que j’étais un humain mais la réalité a été toute autre, car Черный qui signifie Noir, a été le premier mot que j’ai eu à connaître dans la langue russe.

La Russie, un pays où l’étranger, plus précisément celui de la peau noire ne représente rien, tout le monde peut se moquer de vous y compris même un petit enfant. Tous les jours qui passent, à n’importe quel moment et n’importe où, parfois même à l’église, l’africain se sent toujours mal dans sa peau.

Tandis que les uns  essaient de savoir si je suis réellement un humain, en surveillant de près mes faits et gestes ; les autres vont plus loin et me pointe directement  du doigt en me qualifiant d’un Обезьян ou Singe, avec des questions parfois narquoises du genre : Votre banane est-elle aussi délicieuse ? En Afrique, avez-vous aussi des maisons pour ne pas dire des immeubles ?

A la quête d’une réponse à ma préoccupation, j’ai eu à interroger une russe sociable afin de savoir pourquoi les russes ont un point de vue négatif sur les africains.

Honnêtement, me répondra la fille : A la télévision depuis le bas âge nous voyions comment vous les africains souffriez, comment vous étiez des esclaves et comment à ce jour vous vivez dans de conditions pénibles, autrement dit, nous ne voyions jamais de voitures, d’autobus ni de magasins, et de ce fait nous ne croyions rarement que vous étiez des hommes comme nous autres.

Lorsqu’elle a fini son éclaircissement, j’ai dit le seul mot que je connaissais, « Merci », et je suis parti!

Cette question du racisme ou de races inférieures ne date pas d’aujourd’hui ni d’hier, à nous africain de prouver à la face du monde que nous ne sommes pas une race inférieure comme les autres pourraient le prétendre.

Et selon l’anthropologue Ashley Montagu, beaucoup croient que les traits physiques et mentaux sont liés, qu’à des différences physiques correspondent des différences relativement prononcées de facultés mentales, et que ces différences sont mesurables par les tests de QI et les réalisations culturelles. Ainsi, un grand nombre de personnes concluent des dissemblances physiques que certaines races sont intellectuellement supérieures et d’autres inférieures. Mais pour Ashley Montagu, ce raisonnement est le mythe le plus dangereux qui soit.

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